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L’endoscopie
au service du rachis

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Un peu d'histoire
Dans les années 60, l’Europe découvre l’utilisation intensive des tiges et des vis pour réparer les fractures de la colonne vertébrale mais aussi pour traiter le rachis dégénératif soit la compression des nerfs liés à l’arthrose ou encore la scoliose des jeunes patients.
Puis une approche plus décroissante vient progressivement, à la fin des années 90, qui consiste à essayer de décomprimer les nerfs et la moelle épinière et réparer les vertèbres des patients au maximum en étant aussi peu invasif que possible. Les tiges et les vis sont petit à petit remplacées par des colles et des implants de petite taille. Elles ne vont donc plus servir de manière intensive en Europe dans les années à venir mais sans doute encore une quinzaine d’années notamment aux États Unis. Les sociétés de matériel chirurgical cèdent souvent cette activité et se concentrent sur les nouvelles technologies européennes notamment celles basées sur l’endoscopie.
De quoi s'agit-il ?
L’endoscopie consiste à apporter sur le site opéré : la lumière, le zoom optique et les instruments de chirurgie. Après une période d’endoscopie uniportale, l’heure est aujourd’hui au biportal c’est à dire à la création de deux petits orifices cutanés, un pour passer la lumière et le zoom et l’autre pour les outils. L’acheminement plus aisé des instruments augmentent la capacité gestuelle du chirurgien.
L’endoscopie et le microscope proposent-ils la même vision ? Non. L’endoscope offre une vision intérieure réalisée de l’intérieur tandis que le microscope offre une vision intérieure réalisée de l’extérieure donc moins précise.
Pourquoi l’endoscope offre-t-elle une bien meilleure vision ?
Au delà de la précision intérieure de l’endoscope, le canal de lavage est un composant essentiel des endoscopes flexibles. Il fournit de l’eau à la pointe de l’endoscope, aidant ainsi les médecins à obtenir une vue claire pendant les procédures. En fournissant de l’eau, il nettoie la lentille, éliminant le sang, les globules rouges, le mucus et les débris qui pourraient gêner la visibilité. Les fonctions du canal eau sont cruciales pour des diagnostics précis et des thérapies réussies en endoscopie. Il offre un confort optimum au chirurgien pour agir et une sécurité accrue au patient grâce au lavage permanent du sang et à l’entonnoir inversé qui réduit l’exposition de la zone à traiter.
Quelles utilisations de l’endoscope au service du rachis ?
L’endoscope peut être aujourd’hui utilisé dans toute intervention du rachis extra durale, c’est à dire en dehors du sac contenant la moelle épinière sinon le microscope sera la solution retenue.
Quelle est la balance bénéfice/risque pour le patient ?
Le patient bénéficie d’une sécurité accrue car le chirurgien peut accomplir des gestes beaucoup plus précis grâce à une très bonne vision.
La réduction de l’intrusion cutanée réduit considérablement le délabrement musculaire, ligamentaire et osseux.
Le patient connaîtra par conséquent une ré-autonomisation et une réhabilitation plus rapides, une hospitalisation raccourcie et une reprise d’activités professionnelle et/ou sportive dans un délai plus court diminuant la perte d’autonomie.
Sur un plan plus technique le premier des risques chirurgicaux, l’infection, est considérablement réduit par un lavage permanent et le peu d’exposition de la zone opérée. Enfin les hématomes post opératoires pourraient avoir tendance à diminuer.
Conclusion
La chirurgie est considérée par la plupart des patients comme invasive et cela les conduit souvent à attendre avant de décider d’une intervention et à surveiller mais sans agir rapidement.
Ces nouvelles techniques peu invasives amènent à réfléchir différemment et à donner un accord plus précoce pour une intervention. Ce délai raccourci est une décision bénéfique pour le patient car ainsi on évite la survenue de séquelles, souvent douloureuses et motrices, en réglant plus rapidement le problème à la racine.

ETUDE DE CAS : QUELLES SOLUTIONS POUR UNE HERNIE DISCALE ?

Un patient se présente avec mal au dos et/ou à la jambe. Cette douleur entraîne une impotence fonctionnelle, une gêne perturbant la vie quotidienne.

Elle peut entraîner un déficit moteur au pied ou à la cuisse qui sera découvert par le médecin si le patient ne l’a pas vu. Le pied ou la cuisse ne bouge plus normalement.

Le médecin va soulager la douleur et faire passer une irm au patient. L’Irm permet de trouver la cause. On peut découvrir une hernie discale, une excroissance du disque, qui comprime un nerf et cause la douleur.

Que peut on faire alors ?
Quelle sera l’évolution de l’hernie ?
Peut elle se résorber naturellement ?
Va-t-elle persister ?

 

Que peut on découvrir ? Quelles évolutions

Il est important de voir si la hernie est solidaire ou non du disque.
Si l’Irm montre qu’elle se désolidarise du disque elle peut éventuellement se résorber toute seule. On va essayer d’éviter la chirurgie si l’hernie se résorbe dans les 3 mois.

Si la hernie n’est pas désolidarisée du disque il sera le plus souvent nécessaire d’intervenir car les chances d’une résorption naturelle sont plus faibles.

 

Quels traitements selon les situations ?

Les options pour un consentement éclairé

La première solution est de proposer une infiltration pour soulager la douleur et laisser éventuellement le temps à la hernie de se résorber. Certains patients ont besoin de temps pour s’habituer à l’idée d’une opération si elle est nécessaire tandis que d’autres ne veulent pas attendre et préfèrent la résolution immédiate de leur problème.

Le choix le plus fréquent aujourd’hui, si une intervention est nécessaire, est de se porter sur une chirurgie tubulaire mini invasive. Celle ci nécessitera un à 2 jours d’hospitalisation et une convalescence supérieure à 1 mois selon les patients. Le hernie sera retirée et le nerf décomprimé. Les douleurs au dos et dans la jambe peuvent durer encore quelques mois.

L’alternative aux deux solutions précédentes proposées est d’enlever la hernie sous endoscopie. Une intervention pratiquée en ambulatoire qui permet de rentrer le même jour sans assistance médicale, de marcher et de reprendre ses activités. Un geste protecteur pour les muscles, les articulations et les nerfs. On enlève la hernie sous endoscope et on décomprime le nerf immédiatement. On réduit la réhabilitation pour le patient. Les douleurs disparaissent après l’intervention d’autant mieux et d’autant plus rapidement que l’intervention est faite précocement.

En conclusion l’endoscopie par la réduction du risque chirurgical et par l’effet protecteur peut être proposée beaucoup plus précocement sans attendre la période de 3 mois nécessaires à une éventuelle résorption naturelle. Si l’éventualité d’une résorption naturelle est très faible l’intervention sous endoscope sera proposée immédiatement.